Accueil Forums Général Hello cheapest, qq réflexions à propos dla dernière fois, sur le thème du jeu…

Ce sujet a 11 réponses, 6 participants et a été mis à jour par maîtresse maîtresse, il y a 1 an et 7 mois.

Hello cheapest, qq réflexions à propos dla dernière fois, sur le thème du jeu…

12 sujets de 1 à 12 (sur un total de 12)
  • Auteur
    Messages
  • #197
    François
    François
    Participant

    Salut à tous,

    Je me permet de partager avec vous quelques réflexions liées à notre dernière rencontre.

    Ce que je retiens le plus, c’est à quelle point les attentes par rapport à Cheapest et les projets proposés sont variés, voir éloignées. Je trouve que c’est très bien, très sain. Ma vision de cheapest est celle d’une école expérimentale des pratiques d’écoles expérimentale, et pour moi le but n’est pas de s’accorder sur une forme de pédagogie, mais plutôt de « collectionner » des attitudes pédagogiques.

    Une hypothèse: cheapest est une école qui rejoue l’école. Le jeu est donc central, c’est le mode d’interaction privilégié. La difficulté, pour une telle organisation, est de maintenir et de favoriser le jeu. Comme un feu à entretenir.

    Il y a ce livre fascinant: finite and infinite games, de James P. Carse. C’est un livre important dans le domaine de la théorie des jeux https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_jeux . (J’ai commencé à le traduire, dans l’idée de vous en faire une présentation pour la prochaine fois, mais je me dit que ça pourrait être intéressant de le traduire à plusieurs. Je ferais un post à part dans les jours qui viennent pour ce sujet précis.)

    Un jeu “fini” s’inscrit strictement dans des limites spatiales, temporelles, et numéraires. On joue selon une règle dictée hors de ces limites. Le jeu s’arrête quand l’ensemble des joueurs s’accorde pour désigner un vainqueur. Un seul vainqueur, mais à défaut, il y a un classement. Ce qui motive les joueurs, ce sont les titres (médailles, distinctions militaires, place dans la hiérarchie d’une entreprise…).

    A ce type de jeux, s’opposent les jeux infinis. Contrairement aux jeux finis, leur temporalité est ouverte. Dans un jeux infinis, on joue avec le temps, pas contre lui. Le but même du jeu infinis est de favoriser le jeu, et d’inclure le plus de joueurs possible. La règle est produite de l’intérieur, et constamment modifiée pour faire vivre le jeu.

    Un jeu infini peut contenir plusieurs jeux finis, mais l’inverse n’est pas possible.

    Si on s’accorde sur l’hypothèse évoquée plus hautcheapest est une communauté de joueurs. En tout cas le jeu me semble central dans un projet de communauté anarchiste. C’est peut être aussi une piste pour cette volonté de formuler un projet politique, citoyen. Nous sommes tous passés par l’école, certains y sont encore, d’autres sont amenés à y retourner. Nous sommes tous tombés d’accord sur le fait que nous sommes une école d’art, parce que nous sommes soit artistes, soit commissaires etc… Mais ce qui nous rassemble n’est il pas plutôt d’avoir tous été, ou d’être, ou d’être amenés à redevenir étudiants? Pour le meilleur ou pour le pire, l’école est (en France en tout cas), le plus grand dénominateur commun. C’est également le cas des personnes avec lesquelles nous serons amenés à travailler. Si on travaille avec des collégiens, eux mêmes possèdent une expertise sans doutes plus affinée que la notre, car l’école ils la pratiquent 5 jours par semaines. Et en tant “qu’usager de l’école”, passé présent ou à venir, il me semble très intéressant, et même salutaire, de performer, de jouer l’école. Peut être pour être capable d’identifier les jeux finis qui se jouent à l’école, de les court-circuiter, et de les inclure dans d’autres jeux. Jouons l’école, sur un mode ouvert. Ne soyons pas auto-réflexifs, soyons prismatiques! Produisons l’école!

    C’est un peu dans cet esprit que je proposait que les projets soient soumis au groupe et soient d’une certaine “estampillés cheapest” si une collaboration s’en suit. Mais bizarrement, on a aussi beaucoup parlé des systèmes d’admission, et donc de filtrage. En fait, je pense qu’il faudrait bannir de notre vocabulaire le terme “appartenir à la cheapest”, ou “rejoindre le groupe”! Soyons farouchement ouverts, la multitude ne peut pas nuire au projet, cheapest n’est pas un endroit où aller, coz’ everybody knows this is nowhere!

    #207
    maîtresse
    maîtresse
    Modérateur

    “math game”
    52076_math_game_lg

    #244
    Zombiechatte2025
    Zombiechatte2025
    Modérateur

    :yahoo:

    #248
    Maxdigistyle
    Maxdigistyle
    Admin bbPress

    Alors ce n’est pas une critique mais plutôt une “sensation” à propos du terme jeu en général, qui ne concerne pas l’intégralité de ton post François (je réfléchis encore à cette idée de jeu infini et surtout comment identifier, si nous allons dans cette direction, les jeux finis qui existeraient à l’école !).

    Lorsqu’en 2014 j’ai été invité par le centre pompidou à y faire une performance l’année suivante, c’était dans le cadre du Nouveau festival dont le thème était justement le jeu. Je me suis donc naturellement interrogé sur ce que pouvait être ce terme dans ma pratique (en vérité, je n’utilisais pas — me semble-t-il — ce mot ; certains gestes et objets y faisaient néanmoins références, sans en être le sujet principal).
    Bêtement consciencieux, je m’attachais à analyser ce terme, à le pratiquer pour pouvoir mettre en accord un minimum ma performance et le thème de la programmation.

    Je suis rapidement tombé dans cet écueil que peuvent produire les mots-valises ; la capacité d’un tel terme à pouvoir être appliqué sur tout et partout : jouer à l’artiste, jouer au parachutiste, jouer au salarié, jouer à performer, jouer au touriste, etc.
    Je le voyais donc partout et, donc, nulle part à la fois et en même temps il y a bien une limite, sans doute trouble, entre ce qui est (un) jeu et ce qui n’en est pas un.
    Par désirs esthétiques personnels, j’essaie tant bien que mal d’éviter la performance-spectacle, ne croyant d’ailleurs pas à une autre limite ou frontière : celle des formes artistiques et de la “vie”.

    Pour faire bref, je n’ai en vérité pas d’appréhension particulière pour le jeu et ce qu’il induit ; ça m’intéresse d’autant plus quand il est précisé et orienté comme tu le fais dans ton post.
    Ce qui plaît surtout dans tes hypothèses, c’est que le jeu pourrait finalement être lu comme pratique collective et, surtout, comme forme de représentation.

    Concernant l’admission, le “filtrage”, etc. évoqués à la première réunion : je crois que nous avons été très voire trop affirmatif.ve.s sur ces sujets, surtout pour une première rencontre.
    Dans beaucoup de MMORPG, on parle d’instances de jeu. Les questions et les décisions relatives à l’admission (si elles doivent exister ; je n’en suis pas si sûr personnellement), ou tout du moins à la constitution d’un groupe, pourraient être examinées en fonction des instances dans lesquelles nous agirons (un lycée en est une par exemple).

    #255
    François
    François
    Participant

    Hello Maxime,
    Je  comprends tes précautions. C’est pourquoi je propose que l’on explore ensemble le livre de Carse en le traduisant.

    Néanmoins, le danger, ce n’est pas que jeu soit un mot valise, c’est d’en faire un mot valise. Pour dire “tout est jeu”, c’est à dire identifier toute les interactions du monde au jeu, je dois me positionner hors de ces interactions, hors du jeu, donc hors du monde.  T’ai tu demandé si tu jouais au parachutiste lors d’un saut? Et si oui, durant la chute, peux-tu décider de déclarer forfait? Mais est-ce une question raisonnable à se poser lors d’une telle situation? Je trouve que l’exemple du saut en parachute est très marquant: c’est bien la preuve que l’on échappe jamais aux interactions du monde.

    À trop répéter que nous jouons, nous nous extrayons du jeu. C’est pourquoi le fait que nous jouons doit être un forme de rappel plutôt qu’un programme: contre les projections narcissiques, rappelons nous que nous jouons.

    J’aime beaucoup l’idée des instances. Cela me semble totalement aller dans le sens du projet. Et je pense que les instances, ou quelque chose du type, sont bien nécessaires dans certaines situations. Par exemple, pour le projet orange rouge où je suis invité, il est nécessaire, entre autre pour ne pas créer de confusion chez les élèves, d’intervenir en petits groupes, avec des personnes qui reviendront plusieurs fois. Les instances me semblent également très intéressantes dans la perspective de la création d’oeuvres collectives. Peux tu développer un peu sur les instances?

    #256

    Christophe
    Participant

    Hello François, salut Maxime,

    Les lignes des posts ci-dessus qui concernent le jeu me semblent assez proches de l’idée de Sartre (cf l’épisode du garçon de café dans L’Être et le néant, qui est un passage célèbre que l’on retrouve commenté partout sur internet ou dans des émissions culturelles facilement). Cette conception du jeu néanmoins, déjà différentes et assez éloignée des conceptions de Huizinga, de Caillois, de Henriot avait été contestée par Colas Duflo lorsque j’avais réalisé un entretien avec lui (dans le cadre du 2nd Livre de Go). Colas Duflo est l’auteur il y a une quinzaine d’années de “Jouer et Philosopher” qui est le livre de philosophie le plus récent de référence sur le Jeu. Sans rentrer dans les détails (Je pourrai éventuellement poster dans les documents l’entretien), à la suite de ses prédécesseurs, Duflo synthétise une définition du Jeu “comme l’invention d’une liberté dans et par une légalité” (C’est-à-dire une liberté produite par des règles – Une liberté qui ne pré-existe pas aux règles qui la légifèrent). C’est assez éloigné comme manière de voir des idées de la théorie des jeux ; la théorie des jeux ce sont essentiellement des mathématiques (sur le rapport entre les pertes et les gains, dans un contexte donné).

    Le Jeu est peut-être un mot-valise parce que nous n’en avons jamais eu de définition précise depuis que les psychologues et les philosophes s’y sont intéressés ; ou bien plusieurs différents usages se sont superposés sur ce mot. Je m’étais dit d’ailleurs que c’était peut-être l’une des raisons pour lesquelles l’œuvre d’art et l’objet ludique partagent des traits communs (notamment celui d’être des points de contact entre le réel et le symbolique).

    #257
    François
    François
    Participant

    Merci pour ton post Christophe.
    Je joins ici un lien vers le premier chapitre du livre dont je parle plus haut. Tu devrais y jeter un coup d’oeil Christophe, je pense que ça résonne avec la définition de Duflo que tu  nous donne. N’hésites pas à poster l’interview dont tu parles, je serais très curieux de la lire.
    Comme je le disait, j’ai entamé une traduction de ce livre en français. Toute aide serait la bienvenue. Cela ne nécessite pas, je pense, un niveau d’anglais exceptionnel, car les formulations sont toujours très simples et le vocabulaire très précis, avec des termes récurrents, etc. Je vous propose de jeter un coup d’oeil au premier chapitre, et si ça motive certains d’entre vous, d’en entamer la traduction. Je vous enverrais alors la suite du bouquin. Tenez moi au jus  B-)

    #259

    Christophe
    Participant

    Merci beaucoup François ! Je vais lire le chapitre avec attention. Je connaissais l’existence du livre de Carse mais je n’avais jamais regardé de plus près.

    Cela s’éloigne un peu du sujet initial sans doute, mais je redonne ici la référence dont nous avions parlé avec Charlotte : “Inventing Kindergarten” de Norman Brosterman, au sujet des “dons” de Friedrich Froebel qui associent donc jeu, mobilier, pédagogie. L’essai de Brosterman avance l’hypothèse que les “dons” de Froebel ont précédé la révolution de l’art moderne d’un demi-siècle. Un bon résumé par le biais du projet documentaire d’Aurélien Froment : http://www.villa-arson.org/2014/04/frobel-frobeled-aurelien-froment/

    #274
    Maxdigistyle
    Maxdigistyle
    Admin bbPress

    +1 pour traduire à plusieurs le bouquin !

    on peut essayer de trouver une méthode sur le net pour traduire facilement des textes (non pas avec un traducteur automatique, mais un système qui permettrait d’aider la traduction techniquement ; j’ai fait quelques recherches ça semble exister).

    Concernant les instances, je ne peux en parler beaucoup plus dans la mesure où le MMORPG auquel j’ai joué plusieurs années (Star Wars Galaxies), n’était pas à l’origine un jeu instancié. Avec l’arrivée de World Of Warcraft, ce genre de sytème s’est généralisé car très efficace pour le gameplay.
    L’instance est séparée du territoire de jeu spatialement. En gros, tu dis à tes potes “on se fait tel donjon samedi soir tous ensemble” et le groupe se réunit devant à l’heure indiquée. Le groupe quitte alors l’espace de jeu commun en temps réel (celui où tu peux croiser tous les autres joueurs.euses du serveur) pour se retrouver, le temps des combats, de la narration, etc. prévu et écrit pour l’instance, hors du reste du jeu. Ce qui permet d’ailleurs à plusieurs groupe d’être dans la même instance en même temps sans se voir. L’espace de l’instance se multiplie en fonction du nombre de groupes.
    Parfois, aussi, il faut avoir un certain niveau pour accéder à certaines instances ou y réussir.

    #276

    Christophe
    Participant

    C’est assez beau ! (Comme j’imagine que le terme d’instance, ou copie, ici se fait l’écho de la définition qu’on lui donne en programmation orienté-objet, c’est assez fascinant de considérer le lieu/situation comme un objet, c’est-à-dire comme une petite partie autonome et fonctionnelle du programme du jeu — Désolé pour ce commentaire un peu nerd)

    #294

    Alicia
    Participant

    Amis de 2016, bonjour!
    première intervention timide (les premieres fois ca m a toujours un peu intimidé) sur ce forum- truffé de supers articles et idées très stimulantes – :yahoo:
    d’abord, comptez moi dans l’equipe d’aventuriers traducteurs si il y a encore une place sur la barque
    et puis, sur votre conversation autour du jeu, voici une référence que je n’ai pas vue ici,un livre recommandé par Alberola à pas mal de ses élèves, que j’ai mal lu mais qui semble pouvoir contenir des idées qui pourraient porter aussi cette reflexion.
    Il s’agit de Homo Ludens par Johan Huizinga. Je vous mets paresseusement la page wiki du livre mais peut aussi me replonger dans cette lecture pour vous en dire plus bientot si cela vous intéresse.

    quelques citations :
    Le jeu est une action qui se déroule dans certaines limites, de lieu, de temps et de volonté, dans un ordre apparent, suivant des règles librement consenties, et hors de la sphère de l’utilité et de la nécessité matérielles. L’ambiance du jeu est celle du ravissement et de l’enthousiasme, qu’il s’agisse d’un jeu sacré, ou d’une simple fête, d’un mystère ou d’un divertissement. L’action s’accompagne de sentiments de transport et de tension et entraîne avec elle joie et détente. ( :yahoo: )
    ou
    À l’origine de toute compétition, il y a le jeu, c’est-à-dire un accord tendant à réaliser, dans un temps et un espace déterminés, suivant certaines règles et dans une forme donnée, quelque chose qui mette fin à une tension et qui soit étranger au cours ordinaire de la vie. Ce qui doit être accompli et ce qui est acquis de la sorte, voilà qui n’intéresse le jeu que de façon secondaire.

    vous pouvez en trouver plus ici:https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_ludens

    et puis aussi hop:Screen Shot 2016-01-13 at 17.07.23

    #438
    maîtresse
    maîtresse
    Modérateur

    propositions de jeux pédagogique par Robert Filliou dans “Teaching and Learning as a Performance” (voir les documents)

    Capture d’écran 2016-03-08 à 11.03.21

    Capture d’écran 2016-03-08 à 11.05.16Capture d’écran 2016-03-08 à 11.06.19

12 sujets de 1 à 12 (sur un total de 12)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.