Accueil Forums Comptes-Rendus & Ordres du Jour CR (très subjectif) Cheap Talk n°1 – 05/05/2016 – La Villa Belleville

Ce sujet a 1 réponse, 2 participants et a été mis à jour par maîtresse maîtresse, il y a 1 an et 4 mois.

CR (très subjectif) Cheap Talk n°1 – 05/05/2016 – La Villa Belleville

2 sujets de 1 à 2 (sur un total de 2)
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  • #539
    François
    François
    Participant

    Hello,

    Je me permet de vous donner mon ressenti à la suite de cette première Cheap Talk.

    Je ne sais pas si ce post a vraiment sa place dans la section Compte-Rendus, car c’est une réaction subjective, dites moi si ça vous semble hors sujet.

    Il me semble qu’il n’est pas anodin que les questions posées, et surtout les incompréhensions soient une fois de plus plus ou moins les mêmes.

    Ce que j’ai noté: ce n’est pas tant la volonté de créer des outils, ou des situations pédagogiques qui semblent poser problème, mais plutôt le fait que nous affirmons être une école.

    Je tiens tout de suite à dire que face aux interrogations qu’on nous soumet, je ne pense vraiment pas qu’il faille changer quoique ce soit à notre ligne, mais au contraire l’affirmer. Par contre, je pense que maintenant est venu le temps pour nous d’être plus spécifiques, notamment pour être prêt lors du rendez-vous au carreau.

    Je crois qu’il est hyper important de distinguer l’école et la pédagogie. J’ai eu une discussion très intéressante sur le scoutisme avec l’amie de Louise. Ça m’a remis quelque chose en tête qui semble être une évidence: la pédagogie n’est pas la spécificité de l’école. Ce n’est pas parce que les scoots fabriquent des outils pédagogiques que le scoutisme est une école. Si on s’en tient à dire: « tout est école », ou utiliser des termes comme « l’école de la vie » , on ne va pas s’en sortir. Jusqu’à présent, je trouve que notre utilisation du mot « école » est trop vague, voir utopique, et cela nous bloque.

    Dans la conversation avec nos invités, il m’est apparu quelque chose d’intéressant: on nous reprend constamment sur le fait que « on ne peut pas penser d’école sans penser à l’organisation des savoirs », ce à quoi nous répondons quelque chose du genre: « les dynamiques de groupes produisent le savoir, des formes, bref de l’émancipation ».

    Il ne faut pas que nous oublions que dans les groupes, c’est souvent la contrainte qui produit les dynamiques. Je repense au film The Faculty. Le film se passe sur un campus. Mais comme dans la plupart des films de campus, l’école n’est considéré que comme un environnement: ce qui compte, ce sont les interactions sociales. Dans The Faculty,  le corps professoral est possédé par des extra terrestres aux intentions néfastes. La disparition des prof marque la fin des rapports « verticaux », et cela produit une émancipation, une désaliénation: une auto-réalisation. Mais le film s’appelle bien The Faculty, et non pas « l’attaque des extra terrestres ». J’enfonce une porte ouverte: ce film est une critique de l’école. C’est à dire que même si le film s’intéresse aux interactions entre les individus, hors-champ il y a une conception assez claire (et simpliste peut être ) de ce qu’est l’école: une machine à formater et à estampiller, qui détruit la différence. Ce n’est pas les extra terrestres qui veulent nous détruire: c’est l’école.

    D’ailleurs, les interventions de Mariette étaient très pertinentes. « L’école, ça a un début et une fin » a t ‘elle dit. Sous entendu: vous y entrez, et vous en sortez change . Peut être que ce qui est spécifique à l’école, ce n’est pas tant: faire de la pédagogie, ou instaurer des rapports profs/élèves. Le but, la spécificité de cette institution, c’est de former des individus; le but c’est la transformation. Par exemple, l’école républicaine a pour but de former des citoyens. Le but des Beaux – Arts est de former des artistes. Etc.

    Bon, pour résumer mon propos, je pense qu’il faut que nous soyons conscient que l’école est à la fois le remède et le poison. Et ne pas perdre en vue le fait que (êtes vous d’accord avec cela?) que notre but est avant tout de produire des situations de groupe, des interactions, du jeu, etc. Je pense que chaque instance, dans sa conception, doit contenir en elle un « code », qui est en quelque sorte le programme pédagogique, « l’organisation des savoirs » propre à cette instance. Et je pense que c’est là, précisément, qu’il faut régler l’ambiguité en étant plus ambigus encore. Je ne pense pas que le « code » doit forcément être un programme d’émancipation de l’individu. Quand nous créons des instances, nous créons des écoles, et donc à chaque fois nous créons des machines à transformer les individus selon un modèle pré-conçu.
    Je reprend l’exemple de the Faculty. L’école, dans ce film, est une machine à détruire les individus. Si ce film était une instance de Cheapest, cela signifierais que le modèle d’école qui est proposé est absolument anti-pédagogique.
    Je repense à ce moment où hier, dans notre atelier, nous étions en train de déconner en jouant à être une secte: si on poussait les choses plus loin, et qu’on en faisait une instance lors d’un work shop, on pourrait dire que c’est une simulation de pédagogie horizontale. Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut très bien imaginer qu’une instance anti-pédagogique peut produire de l’émancipation, et une instance qui a pour but d’abolir les hiérarchies produit au final de l’aliénation.  Je vous rassure, je n’ai pas pris au pied de la lettre la proposition d’Hélène de faire une instance fasciste (bien que ce soit une idée à creuser).Ce que nous permet les instances, c’est de produire des « situations d’écoles » très variées, voir opposées. Donc on à la question: quelle type d’école voulez vous faire, quelle est sa spécificité? nous pouvons répondre que c’est une école qui peut au même moment proposer des programmes pédagogiques très différents voir contradictoires.  Là, je repense à l’idée qu’on avait un peu balancé comme ça: Cheapest comme l’école expérimentales des écoles expérimentales.

    En fait, quand je repense à la conversation de hier, je suis très excité, parceque  je pense que ce n’est pas des dysfonctionnements qui ont été mis en lumière, mais plutôt des zones où nous devrions plus nous faire confiance. Notamment le jeu de rôle grandeur nature, la représentation de l’école, l’ironie, la création de situations etc.

    bisou

    #552
    maîtresse
    maîtresse
    Modérateur

    j’aime bien ta mention de l’aspect grandeur nature à propos du jeu et de la représentation.

    Oui il faut qu’on se radicalise sur le jeu, la représentation, la fiction. Mais ça ne veut pas dire qu’il faut se réduite au format. Si on ne faisait que écrire un jeu, ou une fiction, ou un film, tout le monde comprendrait. Il s’agirait uniquement d’une oeuvre. Or nous pensons et nous soutenons que nous faisons aussi école. Nous ne sommes pas dans le regard extérieur et le commentaire.

    C’est là-dessus que nous avons du mal à convaincre, mais quelqu’un après la réunion m’a cité l’école Taliesin de Frank Lloyd Wright en Arizona qui semble être une bonne référence.

    L’école advient par la construction de l’école. Les étudiants se sont retrouvés embarqués au milieu du désert et ont dû ensemble fabriquer l’architecture de leur école, en même temps qu’organiser leur vie quotidienne, ils devaient s’occuper eux-même de tout.

    In 1931 Frank and Olgivanna Lloyd Wright circulated a prospectus to an international group of distinguished scholars, artists, and friends, announcing their plan to form a school at Taliesin in Spring Green, Wisconsin to “Learn by Doing.”
    (http://www.taliesin.edu/history.html)

    J’aime bien l’anecdote du prospectus. Il va falloir qu’on applique ce système de bouteille à la mer bientôt, surtout pour le carreau si ça marche.

    Wright avait pris cette idée de « learning by doing » dans une école-pensionnat pour enfants créée par ses tantes en 1886. IL a appliqué à l’architecture une vision de l’école imaginée pour des enfants.

    They anticipated a core faculty, “resident foremen,” at Taliesin supplemented by “a guest-system of visitation, consultation and criticism” and faculty from the “nearest university” who would make philosophy and psychology and other disciplines available “by extension work.” The “Wisconsin Idea” at the University of Wisconsin conceived of the entire State as a classroom, and the Wrights with close friends at the University proposed to make full use of it.
    (http://www.taliesin.edu/history.html)

    03_pfeiffer01 twest_const

    Autre point à ne pas louper :

    When Wright and his family arrived they found Native American petroglyphs among the rocks. One, seen today at the beginning of the guided tour, shows what may be hands clasping. Wright stylized the figures into interconnected lines, which became the symbol of Taliesin West.

    Taliesen-petroglyph2

    Cela rejoint les nouvelles de Maxime que j’ai eues hier :

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    text3

    Rapport à la représentation, un extrait d’un article paru sur LesEchos.fr, toujours sur Taliesin :

    « Parce que, aux yeux de Frank Lloyd Wright, un bon architecte était également un artiste, le site de Taliesin West comporte aussi plusieurs salles de spectacle. « Elles accueillent des artistes extérieurs, mais les étudiants eux-mêmes doivent aussi apprendre à se mettre en scène “, explique un guide, en faisant visiter les lieux. « Il existe un programme permettant d’inviter des artistes pour trois-six semaines sur le site “»

    Autre chose encore d’intéressant dans cet article :

    Les étudiants ne passent ici que l’hiver, qui en Arizona n’a rien de rigoureux. L’été, ils fuient la canicule et rejoignent le Wisconsin, où se trouve l’autre site dit « Taliesin Spring Green “. Ancienne maison de Frank Lloyd Wright dans le style dit de l’école de la « prairie “, cette demeure construite dans le vert et l’eau du Midwest, est ainsi le parfait complément pour la formation d’étudiants qui ne peuvent se contenter d’être baignés dans l’environnement minéral du désert.

    > Les étudiants partagent leur année sur deux campus très différents l’un de l’autre. = Instances? Les règles et le fonctionnement pédagogique changent en fonction de ces deux campus, les règles sont dictées par l’architecture ou l’architecture est dictée par les règles, en tout cas on revient à ce qu’on disait, que chaque lieu qui nous est permis d’utiliser propose déjà son propre mode. Faire école à la Villa Belleville, c’est spontanément différent de faire école au Carreau, ou à Treignac.

    J’aime vraiment bien cette idée que chaque lieu devrait être identifié par nous à une « partie » de notre école . cf citation plus haut « the entire state as a classroom » je dirais « the entire world as a school », sans rentrer dans le trip « école de la vie » mais juste comme rapport au lieu et à l’espace.

    Il faudrait qu’on fasse un « plan » de l’école en liant les différents lieux qui ont déjà servi. Aubervilliers, Pornichet, tout. J’imagine un truc un peu à la Pokemon avec les différentes zones sur la carte, les lieux correspondant d’ailleurs à divers apprentissages dans le voyage initiatique du pokemon master.

    Map_Pokémon_Red_&_Blue_FR

    Donc la Villa Belleville est déjà la salle de conférence/amphi, le Carreau pourrait être la salle de perm, Aubervilliers c’est la cafet ou le BDE? Pornichet c’était la classe verte, Rouen c’était la journée centre aéré visite culturelle… etc

    Donc un plan, ou un emploi du temps, en tout cas je suis vraiment pour reprendre les codes de la petite et la grande école, les jouer et les caricaturer. :mail:   :good:

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